lundi 13 juin 2011

Cilda in horrorland - 1

Cilda est une plus si jeune fille que ça maintenant et elle travaille tous les matins. Ce soir elle sait qu'elle a deux réunions le lendemain, mais elle a décidé de danser. On ne sait pas si c'est pour ses compagnons de fête dont elle a oublié la moitié des noms, elle bondit avec une grâce entraînante et gênante essayant de faire pardonner son enthousiasme excessif. Interrompant un pas pour se mettre le doigt sur la bouche, elle se souvient qu'elle a ammené Wolf, sa souris qu'elle affame, comme distraction pour les invités et ceux qui ne le sont pas. Elle quitte la piste et entreprend de faire le tour de la pièce, nouvel appartement de la grand mère décédée d'une amie connue pour sa gaîté innocente et sa préservation farouche de la survivance du monde de l'enfance dans le monde angoissé des jeunes adultes. Des bibelot désuets, nouvellement poussiéreux-le ménage n'est pas le fort d'Alexandra, la maîtresse de maison, et on peut prédire un avenir dégradé à ces lieux. Des chouettes en bois, des chats en porcelaine, des cadres de merde c'est quoi ce truc déjà où on coud par dessus des trames de couleur avec du fil de couleur en coton ? Bref, il y a des oiseaux en papier dans ces cadres. Des qui penchent la tête sur le côté, d'autres qui replient leur ailes en revenant d'un long vol, d'autre fixant fièrement le vide devant eux. Mais où cette putain de souris à la fin ? Elle est idiote et blanche et même si elle la hait, elle refuse de l'avoir perdue. En plein désespoir et prenant le risque d'exposer son cul, elle se penche pour regarder sous le canapé. Un type essaye de l'aider. Et merde ! Elle voit Wolf la tête les pattes avant dépasser du bord du sofa, au fond. Ah ben voilà, écrabouillé. J'espère qu'il va pas rester là à pourrir jusque ça sente mauvais le sang qui a coulé comment déjà à sécher. Le tête qui tourne, maudit martini. Elle s'écroule sur le dit canapé. Le type s'assoit à côté d'elle et entreprend de confectionner un gros joint. Elle le regarde. Il a le front haut et le cou allongé, les membres osseux, sans être vraiment maigre. « Tu fais quoi dans la vie ? » Mon dieu, toujours la même question . « Je bosse pour Nick Cave, je suis son assistante. C'est un patron de merde : il est hypocondriaque et maniaque. » Oh tiens, le chat de Alexandra, faust, bébé et noir est en face de moi depuis tout ce temps. Quelle immobilité, comme si il se télétransportait d'un endroit à l'autre de la pièce. « Hier il s'est mis derrière moi alors que je faisais des devis de traitement pour le diabète et il m'a fait glisser ses mains sur les côtés de mon dos en me murmurant de me tenir droite. J'ai eu envie qu'il me prenne, e,fin je m'en rends compte maintenant, mais non il gardait sa contenance. Il est super super flippant, mais j'arrive pas à démissionner. Ma fierté je suppose. »

dimanche 8 mai 2011

Level 5 - partie 5 - niveau 2/2 et fin

Je savais bien que je te reverrais. Te fout pas de moi, tu vois partout. Ah ouais c'est pas faux.
Mais quand je suis avec toi je n'arrive pas à dire les bons mots, ils sont tous pour toi. C'est pour ça que nous devons nous battre me dit-il avec son air de défi des premiers jours. C'est évident. Et la guerre c'est quoi ? On se bat déjà pas assez ? Fais pas comme si tu n'étais pas diablement en colère contre toute cette connerie. Tu crois qu'on peut gagner une guerre quand c'est la guerre qu'on combat ? Tu n'as pas oublié, certains y arrivent, mais nous, les premiers rêveurs, nous ne pourrons jamais nous laisser derrière nous sans tout casser sur notre passage. Alors quoi tu veux te battre ? Vraiment ? Ça pourrait durer longtemps. Et c'est ça qui te fais peur ? Ouais, exactement. Tu crois que ce serait du temps perdu pour sauver ça ?
Il me montre les abeilles de soie qui dansent en cercles se faisant et se défaisant, avec des sourires carnassiers. Ils savent que cette trêve ne rendra le combat que plus terrible, mais ils préfèrent autant oublier. Certains tombent dans un sommeil paradoxal et se mettent en boucle pour faire des rêves. D'autres surbrillent jusqu'à s'en faire péter les néons. On ne peut plus ni les regarder ni les ignorer. La soie se déchire et les plis tombent toujours bien, à cause de la qualité du tissus.
Partons, dis-je. Nous avons du travail.
Je lui reprends la main, en essayant vainement de me convaincre que c'est moi qui ai pris la décision. Quand nous arrivons, il referme la grande porte à deux battants sur moi. Eh bien, tu t'es fait un nid royal, lui dis-je. Je l'attends à ce qu'il dise « c'est pour mieux t'y enfermer mon enfant » Mais l'humour a déjà duré plus que cela ne nous est autorisé dans le filet. Il est du genre à garder quelques interdits sous le coude. La salle est bardée d'écrans à la place des tissus. Des mirroirs noirs , remplis de tout ce qu'on ne voudrait pas y voir. Je me souviens de mon rêve.
Comment es-tu devenu le maître de cette ruche ? Mais je connais la réponse. Il m'attire sur le lit. Je fixe les écrans et me plonge dedans. Je vais sûrement ressentir du plaisir. Mais le plaisir existe-t-il dans le filet ? Oui m'assures-t-il. Les flash des pires éventrements que j'ai jamais eu à prodiguer me prennent la gorge. Je vole à en perdre l'haleine mais il me tient. Je veux l'emporter avec moi, nous faire nous envoler de toute cette merde, même si je sais qu'elle doit venir avec nous. Mais il me serre. Sa bouche remonte vers ma bouche et puis. Une douleur atroce me réveille d'un seul fracas. Ma hanche est brisée. Mon autre hanche. En miettes. Je hurle, je mets mes bras autour de moi. Je le regarde, je sais que mes yeux sont ridiculement écarquillés. C'est que ce n'est plus lui. Ou si vraiment lui. J'ai mal à en crever mais je sais qu'il le faut. C'est ainsi que cette putain de guerre pourra cesser. Mes hanches s'élargissent, ma tête ploie, ma mâchoire s’agrandit. Ma peau se cabme, durcit et sèche en même temps, et s'épaissit. Ce n'est pas fondamentalement désagréable, cette sensation piquante de nouveauté. Il prends le couleur désaturés des cieux, on peut presque voir au travers de lui. Mon ami. Mon rival. Il me chuchote des berceuses, celles qui attaquent, qui parlent des peurs fort pour les pousser à s'envoler. Et je m'en fout, d'être ce que suis. C'est je suis cette créature c'est que je l'ai cherché et que le grand tout est ainsi. Détruire le jeu, en créer un autre, partir, quitter celui qui m'a mordu pour mordre moi aussi. Niveau 5. Découper, faire trembler la terre du filet d'effroi, surtout. Alors je souffre mille des plaisirs les plus purs et avance dans l'immensité de la nuit su désert. Une troupe est là, et je ne sais où elle me mènera. Partie du grand tout, décidée à casser tout. Même eux, encore. Et moi, beaucoup aussi.

dimanche 1 mai 2011

Level 5 - partie 5 - niveau 1/2


Les nouvelles du réel arrivent en flash spécial. Nous arrêtons brutalement notre marche. La dernière fois que nous avons reçu ce genre d'émission, c'est au moment de passage au niveau 3 lorsque nous, les soldats, avons appris que noue ne pourrions jamais plus rentrer chez nous. Le présentateur dans un costume gris argent coupé selon une mode qui nous est étrangère annonce : « Le mouvement anti filet a atteind une ampleur jamais égalée. La jeune génération est horrifiée par l'atrophie des enveloppes corporelle des joueurs parfois survivant au sein de leur famille. Leur organisation a enflé dans la rue pour commencer. Mais récemment une enquête a mis au jour un vaste réseau de hackers qui se connectent au jeu pour leur injecter des virus » Pas besoin d'en écouter plus, je regarde les autres. Les mutants, la fin du jeu. Que nous importe la destruction de notre monde si nous ne pouvons jamais en sortir. Ces bouffons, ils ne se doutent même pas de ce que ça peut faire.
Nous voilà, après toute cette route, au milieu d'une absurdité sans nom. Pire que les héolims. Pire que que toutes les étoiles qui pourraient t'exploser dans la face. C'est une vieille citadelle de bois et de pierre, sculptés en entrelacement chaotiques. Aucun garde, aucune menace à l'horizon. Aucune vie non plus. Et puis voilà des abeilles, un peu différentes, certes. Des femmes en robes de soie et de satin. Les murs sont tendus de cette matière lisse. Je reconnais des gens, mais je pourrais connaître tout les monde ou personne ça ne changerait pas grand chose. Je mate leurs rêves toutes les nuits. Ils sont comme des anges dans la public d'un grand Opéra, venus voir d'autres anges. Mais ils n'en sont pas. Alors je le sens. Parce que il centre l'attraction. Les anges me distraient et me tendent des pièges. Deux d'entre elles essayent de me faire croire que elle ont emmenés mes coéquipiers. Elles veulent m'embaucher dans une nouvelle équipe. Tout changer. Mes wuffies ont atteins un niveau indécent, un gonflement de connections remplies de ces choses qui circulent. Mais le coins de ma perception est retenu comme si on le tirait par un fil. Le mien, il m'aspire. Mais il n'est nulle part. Je danse, je suis un homme une femme un animal, je donne tout, car il n'est pas loin. Et je dois le suivre. Alors j'accepte, les autres, leur dessein, leur motif, leur soie et la mienne, ma soif et leur faim. Et enfin il se trouve il patiente depuis cent ans, dans un coin, il sait bien que je vais venir. Il est jeune et très vieux, il a un nom, un nom que je prononce sans cesse en silence. Un visage blanc qui renferme une caverne, un corps de racine qui pointe vers le ciel. Une épaule de dracula baladin sur laquelle je tombe, que je tire et que je mords alors qu'il encercle mon poignet. J'ai oublié qu'ici j'étais un homme. La raideur de mon corps se rappelle à moi alors qu'il lutte contre la fonte du sien. Nous allons devoir nous battre, encore. Alors je prends sa main, il passe devant moi et ses doigts sont comme des aiguilles qui remontent jusque dans le creux de mon dos.

Level 5 - partie 4

Les nouvelles du réel arrivent en flash spécial. Nous arrêtons brutalement notre marche. La dernière fois que nous avons reçu ce genre d'émission, c'est au moment de passage au niveau 3 lorsque nous, les soldats, avons appris que noue ne pourrions jamais plus rentrer chez nous. Le présentateur dans un costume gris argent coupé selon une mode qui nous est étrangère annonce : « Le mouvement anti filet a atteind une ampleur jamais égalée. La jeune génération est horrifiée par l'atrophie des enveloppes corporelle des joueurs parfois survivant au sein de leur famille. Leur organisation a enflé dans la rue pour commencer. Mais récemment une enquête a mis au jour un vaste réseau de hackers qui se connectent au jeu pour leur injecter des virus » Pas besoin d'en écouter plus, je regarde les autres. Les mutants, la fin du jeu. Que nous importe la destruction de notre monde si nous ne pouvons jamais en sortir. Ces bouffons, ils ne se doutent même pas de ce que ça peut faire.

Nous voilà, après toute cette route, au milieu d'une absurdité sans nom. Pire que les héolims. Pire que que toutes les étoiles qui pourraient t'exploser dans la face. C'est une vieille citadelle de bois et de pierre, sculptés en entrelacement chaotiques. Aucun garde, aucune menace à l'horizon. Aucune vie non plus. Et puis voilà des abeilles, un peu différentes, certes. Des femmes en robes de soie et de satin. Les murs sont tendus de cette matière lisse. Je reconnais des gens, mais je pourrais connaître tout les monde ou personne ça ne changerait pas grand chose. Je mate leurs rêves toutes les nuits. Ils sont comme des anges dans la public d'un grand Opéra, venus voir d'autres anges. Mais ils n'en sont pas. Alors je le sens. Parce que il centre l'attraction. Les anges me distraient et me tendent des pièges. Deux d'entre elles essayent de me faire croire que elle ont emmenés mes coéquipiers. Elles veulent m'embaucher dans une nouvelle équipe. Tout changer. Mes wuffies ont atteins un niveau indécent, un gonflement de connections remplies de ces choses qui circulent. Mais le coins de ma perception est retenu comme si on le tirait par un fil. Le mien, il m'aspire. Mais il n'est nulle part. Je danse, je suis un homme une femme un animal, je donne tout, car il n'est pas loin. Et je dois le suivre. Alors j'accepte, les autres, leur dessein, leur motif, leur soie et la mienne, ma soif et leur faim. Et enfin il se trouve il patiente depuis cent ans, dans un coin, il sait bien que je vais venir. Il est jeune et très vieux, il a un nom, un nom que je prononce sans cesse en silence. Un visage blanc qui renferme une caverne, un corps de racine qui pointe vers le ciel. Une épaule de dracula baladin sur laquelle je tombe, que je tire et que je mords alors qu'il encercle mon poignet. J'ai oublié qu'ici j'étais un homme. La raideur de mon corps se rappelle à moi alors qu'il lutte contre la fonte du sien. Nous allons devoir nous battre, encore. Alors je prends sa main, il passe devant moi et ses doigts sont comme des aiguilles qui remontent jusque dans le creux de mon dos.

dimanche 24 avril 2011

Level 5 - partie 4

« C'est bien pour nous prendre la tête qu'ils sont passés sans nous mettre de race. Ils n'ont pas d'arme, correction, pas d'arme visible. Et ça ne prouve pas qu'ils ne peuvent pas nous détruire. Mais je sais au fond, je me doute, c'est l'alerte. » Mes wuffies sont d'ailleurs passés d'un niveau spécialement encourageant à un niveau médium. C'est ça qui m'a automatiquement désigné pour prendre la parole, et décrire ce que nous ressentions tous. Je suis surpris du ton clair de ma voix pour dire que nous étions passés au niveau décisif. Niveau 4.
Plus tard, quand je peux enfin reposer ma tête sous la nuit songe tombée sur le bivouac, je ne cesse de repenser à lui. J'ai pourtant fais ma croix sur ce bordel, et ça m'a pris dix ans d'oublier ces premières guerres des cœurs. Dure époque, on dirait un jeux de cure dents sous l'angle du filet.
Putain de guerre. Tous ceux qui voudraient bien jouer à autre chose. Les outcast, ceux qui se connectent une fois de temps en temps et que nous voyons parfois se charger des basses besognes. Mon corps qui doit peser dans les 100 kg maintenant, les muscles atrophiés, pitoyablement alimenté par les injections de la sécu. Me demande comment ils font pour trouver encore les veines. On est pas dupes ici. Si on est restés bloqués comme des cons, les nerds, c'est pour eux, pour qu'ils aient un truc à mater à la télé. 1984 style, la guerre, fumette des peuples, et les peuples, la maille des show bizeux.
Il doivent bien se marrer avec cette histoire de mutant. Et où est il est passé lui ? Je sais qu'il est dans le jeu, encore un homme, lui. J'espère. Il était si beau avec ses cheveux de la longueur de l'antiquité. On oublie pas les premiers coups dans la gueule, surtout si on sait y répondre.
Le filet ne prive pas de la solitude. Si seulement. Elle devient insupportable et puis, moteur pour peu que les autres joueurs, amis ou ennemis, sachent la diriger. Les visage apparaissent et toutes les images sont d'une incomparable clarté, d'une définition bien supérieure à tout ce qui appartient au filet. Les rêves sont consignés dans des blogs vidéos en version compactée, consultables par tous. Les vrais visage des joueurs et leurs incarnations archétypales, le meilleur angle d'attaque du jeu. La musique aussi est dans les rêves, la seule qui puisse être entendue. Des vieux tubes du vrai monde parfois, mais le plus souvent, une synthéphonie suraïgüe qui troue les oreilles à la mesure de l'accélération nécessaire à la mise en ligne qui la rend bourdonnante. Les violences du jeu s'y déchargent et et de déchaînent. Tripes dehors, mutation invalidantes, défigurations d'horreur, flots de fluides malsains. Je poste toujours mes rêves sous un pseudonyme : son nom à lui. Il fait partie de l'autre camp, pas de meilleure couvetture quand je passe mes nuits à baiser et à massacrer mes coéquipiers. Il ne m'a jamais dénoncé, mais je suis sûre qu'il regarde mes rêves.
Cette nuit, c'est lui que je hais, je suis une femme, celle que j'aurais dû être, et je ne le massacre pas. Une armée de mutants nous entourent et exécutent ce qui ressemble pas mal à des geste de masturbation. Leur peau est brillante et glaciale, je me demande en survolant les images comment j'ai pu rester excité dans ces conditions. Son corps à lui, sans doute, long malin et dénoué. D'une force tétanisante, inexorablement entraînante. A chaque pas son halètement entêtant lorsque j'embrasse le haut de son torse et la douceur rêche de sa main qui descend depuis mes épaules, son sexe nourrissant mon ventre, puis tout le reste.
Voilà le matin. Histoire de dire. Dans la chaleur sèche du sable qui use.
On marche, encore encore, on joue le jeu de la patience et compte les points d'endurance. On aide les autres à soigner une piqûre de nasty cactus, une faiblesse des tendons. En avant soldats ! Nous traversons des charniers, des survivants en cours de mutation, avec les même reliefs noirs et blancs que sur le mec que j'ai vu au camp.

mercredi 20 avril 2011

Level 5 - partie 3


Certains membres pourtant confirmés ne se pointent pas malgré la persistance de leur icônes sur le poignet de Joe. Mauvais signe. C'est dans la lumière implacable du grand jour du filet que notre unité improvisée déserte le camp mortifère en direction du grabuge. Je serre fort mon barda contre mon ventre et me souvient d'un temps où j'aurais souffert qu'il fut vide. Mais il va me falloir plus de wuffies. On ne sait jamais si il arrive quelque chose à Joe, on va avoir besoin d'un bon récepteur pour nous guider, ou dans le cas ou je décide de me barrer, on sait jamais. Je demande à Aziz discrètement derrière combien il peut me prêter pour me refaire une santé. Son offre est généreuse et son geste poli et doux, il me touche grandement avant ce départ. Nous marchons dans le temps relatif. De mon côté je laisse la programmation lente pour permettre à mes wuffies de remonter. Au milieu de mes camarades je retouche des connexions perdues. Je rattrape mon retard et commence par redessiner les contours du paysage tragiquement minimaliste qui s'étend devant nous. Les textures des pierres et des buissons se refroidissent et je commence à pouvoir évoluer sans ces putain d'à coups qui ne facilitent pas les choses en cas de combat. J’obtiens même quelques informations sur l'évolution des conflits. L'épidémie, alerte 3 est déclenchée. Jamais nous n'en avons connu de telle depuis le début de cette partie. La plus haute jamais connue. Il va falloir que je parle de ça à l'équipe. Et Dieu sait qu'il n'est jamais bon d'apporter les mauvaises nouvelles.
Je temporise et passe en crew mode. Dans ces cas là nous ne formons plus qu'un bloc compact et dissolu les uns dans les autres. Le système calcule pour nous les les réactions en fonctions des personnalités de chacun, si toutefois il en est besoin d'une. Je m’aperçois que je suis le dernier à les rejoindre. Je suis devenu vieux, moins réactif me dis-je, me reprochant seulement à demi mon accès d'individualisme. Les miettes surexposées du décor se matérialisent dans l'horizon trouble. De grandes masses noires-grises à la définition douteuse se rapprochent bel et bien de notre convoi. Un doute sur ces échanges de regards, ces formes trop souples pour leurs contours abrupts comme fluidifiées de l'intérieur. À tel point que l'énergie leur donne la démarche de briseurs d'air. Notre air poussiéreux assailli de mille intuitions réflexes de méfiance, mise en observation, adrénaline, tension mise en condition de lutte. Repliés en formation de sûreté notre figure est une antique stratégie dont j'ai un peu honte lorsque la horde passe son chemin, visiblement préoccupée par quelque dessein plus important. Mais j'ai bien le temps de sentir leurs pas pousser l'espace et écraser doucement le sol. Fait de membres quasi humains quoique sans saturation leur densité est démusurée sans qu'ils soient épais. De quel joueur malade a pu naître ce concept horrifiant ? Je me surprends à envier ces créatures autant que je les plains et m'en méfie. Comme si je n'avais jamais vu de mutant avant ça. Soulagement pour toute la troupe qui exhale aux cieux violets, place au flot de questions et analyses qui s'engouffrent dans le mini réseau.

Level 5 - partie 2


Je passe prendre Joe à sa tête, lui aussi est déjà prêt. Il se consacre à organiser un minimum notre trajectoire. Après, eh bien , nous verrons bien qui décidera de nous suivre. Il touche avec délicatesse et précision le tactile de son avant bras pour obtenir les mises à jour des cartes. La transmission est lacunaire, certaines données datent d'il y a deux jour, autant dire une éternité vu la vitesse à laquelle la peur a infiltré le camp. Mes wuffies sont totalement à plats, aucune nouvelle de l'extérieur. On le paye par ici de tomber dans l'apathie post traumatique et j'avais été un peu trop loin dernièrement. Joe me propose sa direction. L'ouest. Quelle ironie, jusqu'ici la menace vient toujours de là.
Je rassemble une fois de plus les pitoyabes reliques qui composent ce que les soldats d'antant appelaient leur bardat. Il faut quitter ce lieu nauséabond déjà empli de cris et d'images impossibles. Cette femme accrochée à la jambe de son homme mort depuis deux jours dont la décomposition prendra forcément une tournure virale. Cela me glaçe plus que je ne l'aurait avoué. Sa peau devenue translucide et que quelques heures laissent maintenant apparaître des os noircis dont les excroissances acérées ne présagent rien de bon.
Et ces constantes déflagrations me rappellent à l'ordre. Un ordre qui s'est fait mien par inconscience, par une vision beaucoup trop nette de la tournure de notre fin du monde.
Certains membres pourtant confirmés ne se pointent pas malgré la persistance de leur icônes sur le poignet de Joe. Mauvais signe. C'est dans la lumière implacable du grand jour du filet que notre unité improvisée déserte le camp mortifère en direction du grabuge. Je serre fort mon barda contre mon ventre et me souvient d'un temps où j'aurais souffert qu'il fut vide. Mais il va me falloir plus de wuffies. On ne sait jamais si il arrive quelque chose à Joe, on va avoir besoin d'un bon récepteur pour nous guider, ou dans le cas ou je décide de me barrer, on sait jamais. Je demande à Aziz discrètement derrière combien il peut me prêter pour me refaire une santé. Son offre est généreuse et son geste poli et doux, il me touche grandement avant ce départ. Nous marchons dans le temps relatif. De mon côté je laisse la programmation lente pour permettre à mes wuffies de remonter. Au milieu de mes camarades je retouche des connexions perdues. Je rattrape mon retard et commence par redessiner les contours du paysage tragiquement minimaliste qui s'étend devant nous. Les textures des pierres et des buissons se refroidissent et je commence à pouvoir évoluer sans ces putain d'à coups qui ne facilitent pas les choses en cas de combat. J’obtiens même quelques informations sur l'évolution des conflits. L'épidémie, alerte 3 est déclenchée. Jamais nous n'en avons connu de telle depuis le début de cette partie. La plus haute jamais connue. Il va falloir que je parle de ça à l'équipe. Et Dieu sait qu'il n'est jamais bon d'apporter les mauvaises nouvelles.
Je temporise et passe en crew mode. Dans ces cas là nous ne formons plus qu'un bloc compact et dissolu les uns dans les autres. Le système calcule pour nous les les réactions en fonctions des personnalités de chacun, si toutefois il en est besoin d'une. Je m’aperçois que je suis le dernier à les rejoindre. Je suis devenu vieux, moins réactif me dis-je, me reprochant seulement à demi mon accès d'individualisme. Les miettes surexposées du décor se matérialisent dans l'horizon trouble. De grandes masses noires-grises à la définition douteuse se rapprochent bel et bien de notre convoi. Un doute sur ces échanges de regards, ces formes trop souples pour leurs contours abrupts comme fluidifiées de l'intérieur. À tel point que l'énergie leur donne la démarche de briseurs d'air. Notre air poussiéreux assailli de mille intuitions réflexes de méfiance, mise en observation, adrénaline, tension mise en condition de lutte. Repliés en formation de sûreté notre figure est une antique stratégie dont j'ai un peu honte lorsque la horde passe son chemin, visiblement préoccupée par quelque dessein plus important. Mais j'ai bien le temps de sentir leurs pas pousser l'espace et écraser doucement le sol. Fait de membres quasi humains quoique sans saturation leur densité est démusurée sans qu'ils soient épais. De quel joueur malade a pu naître ce concept horrifiant ? Je me surprends à envier ces créatures autant que je les plains et m'en méfie. Comme si je n'avais jamais vu de mutant avant ça. Soulagement pour toute la troupe qui exhale aux cieux violets, place au flot de questions et analyses qui s'engouffrent dans le mini réseau.